L'exportation devenant l'une des préoccupations principales de la Banque Centrale d'Israël, est-il possible qu'elle augmente les taux d'intérêt ?

L'économiste principal du fond d'investissement Excellence, Yaniv Hevron, se prononce : après des années difficiles du marché obligataire, les décisions quant aux taux d'intérêt interpellent le public. 

Il semblerait qu'on assiste à la fin du rôle primordial que joue la Banque Centrale. Contrairement aux banques japonaises, européennes et australiennes, elle ne veut pas s'aventurer dans la pratique de taux d'intérêt négatif : une situation dont elle envisage difficilement les résultats. 

Pourrait-on supposer alors qu'elle envisage d'augmenter les taux ? 

A cette question, Hevron est formel, cela fait des années que la Banque Centrale tente de diminuer la valeur de la monnaie locale, afin d'accroitre l'exportation et relancer la croissance. Il est donc impensable qu'elle cherche à augmenter les taux d'intérêt. 

Il semblerait qu'elle attende un changement au niveau mondial : chose qui peut prendre des années. Quelle est donc la solution ?

L'exportation préoccupe sérieusement la Banque Centrale.  On constate une baisse de 21% de celle-ci pour les mois de février à avril par rapport au semestre précédent. Elle n'a jamais été aussi bas que depuis avril 2009, alors qu'on était en pleine crise mondiale. 

Une des raisons de la baisse de l'exportation est la montée de la valeur du shekel par rapport au dollar, à l'euro et à la livre Sterling. Pour une même quantité de marchandise exportée et payée en dollars, les exportateurs israéliens obtiennent moins de shekalim. La concurrence accrue ainsi qu'un ralentissement du commerce mondial jouent aussi sur le nombre de biens exportés.  

Au sujet des opportunités qui sont offertes à Israël sur les marchés internationaux, Hevron cite l'Inde, comme marché au fort potentiel. En effet, la stabilité de la Roupie indienne est un atout qui en fait un des pays en développement les plus attractifs. 

Selon nos prévisions, finit Hevron, le dollar devrait continuer à baisser : la Banque fédérale américaine ne semble pas augmenter les taux d'intérêts dans un avenir proche.