USD

Au cours du mois de janvier 2021, la BCI – Banque Centrale d’Israël – a fait l’achat d’environ 6.8 milliards d’USD, soit un peu plus de 20 % de l’objectif d’achat fixé pour l’ensemble de l’année 2021.
Ces achats d’USD ont pour effet direct de dévaluer l’ILS face aux principales devises, notamment l’USD et l’EUR.

Le Gouverneur de la BCI est revenu sur les objectifs de la BCI, et envisage d’augmenter ces derniers en achetant plus de 30 milliards d’USD.
“Pour peu que nous y voyions une pertinence, mais également au regard des conditions du Marché et de l’Économie, nous pourrions envisager d’acheter plus d’USD que prévu”.

Est-ce que la BCI va dépasser ses objectifs en matière d’achats de devises étrangères ?
Pour rappel, face à une dégringolade des principales devises face à l’ILS, à l’instar de l’EUR et de l’USD, la BCI annonçait début janvier 2021 qu’elle ferait l’acquisition de 30 milliards d’USD au cours de l’année 2021, soit bien plus qu’en 2020.

Et les effets de cette annonce ne se sont pas fait attendre ! Une remontée de l’USD qui s’approchait dangereusement de la barre des 3.10 ILS, tandis que l’EUR tutoyait les 3.80 ILS, pour repasser respectivement à 3.30 et pratiquement 4 ILS !
Pour la BCI, l’enjeu est grand : un shekel trop fort pénalise les exportations, y compris le secteur de la Hi-Tech.

Face aux effets bénéfiques de cette annonce et au regard du volume d’USD déjà acheté au cours du seul mois de janvier 2021, la BCI envisage d’augmenter le volume prévisionnel de ses acquisitions d’USD pour 2021, pour peu que cela ait un impact sur le cours des devises et que cela bénéficie aux exportations.

En effet, lors d’une allocation donnée face à un parterre d’universitaires, l’actuel Gouverneur de la BCI, le Professeur Amir YARON, a terminé son allocution en revenant sur l’ingérence de la BCI sur le marché des devises étrangères pour 2021.

Il a notamment expliqué que la BCI avait déjà fait l’acquisition de 6.8 milliards d’USD au cours du seul mois de janvier 2021, soit plus de 20 % que son prévisionnel et qu’en ce sens elle considérait sérieusement la possibilité d’augmenter son objectif d’acquisition.

Au cours de cette allocution, il a notamment expliqué ces perspectives : “30 milliards c’est une très belle somme ! Toutefois, nous sommes obligés de nous y tenir. De fait, et pour mieux comprendre les enjeux, essayez d’imaginer quelle serait la situation pour peu que la balance des exportations soit diminuée de cette même somme ? Une catastrophe pour l’Économie toute entière. C’est dans cet esprit que nous envisageons sérieusement la possibilité si nécessaire d’augmenter le volume de nos acquisitions en USD pour 2021 et au-delà de notre objectif premier. Cette augmentation passera notamment par l’émission d’obligations d’État “.

Le Gouverneur est également revenu sur les différents confinements décrétés en Israël et démontrant grâce aux chiffres des transactions réalisées par carte de crédit que le troisième confinement fut moins strict que les deux premiers.

Tandis qu’au cours des deux premiers confinements, les transactions par cartes de crédit explosaient au sortir des confinements, pour le troisième (et dernier) il est aisé de voir que la courbe des achats par carte de crédit a repris à la hausse dès la moitié du troisième confinement.

Concernant la crise de la Covid-19, à l’aune de l’impressionnant succès du plan de vaccination en Israël d’une part et du taux de positivité élevée d’autre part, le Gouverneur estime “qu’il convient d’évaluer la pertinence de l’utilisation d’un passeport vert – un permis délivré aux vaccinés une semaine après le deuxième vaccin – comme un outil clef pour un retour à la normale et une reprise de l’activité économique”.

Son intervention a bien évidemment été saluée par le Président de l’Union des Entrepreneurs israéliens qui enjoignait à l’époque la BCI d’intervenir sur le marché des devises en raison d’un shekel trop fort pénalisant le secteur des exportations.

Leur Président a par la même taclé le Gouvernement : “Le gouverneur de la BCI semble être le seul responsable raisonnable, comprenant parfaitement le danger de l’effondrement des exportations et du secteur de la Hi-Tech ; comment le Gouvernement peut-il rester aphone et ne pas proposer un plan d’urgence pour aider les exportateurs ? Si le Gouvernement israélien estime qu’il est possible de sortir de la crise économique sans la locomotive des exportations, alors nous n’avons pas besoin d’économistes au ministère des Finances, mais d’écrivains de science-fiction” !

Write a comment