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Lors d’une réunion de la commission Monétaire, le Professeur Amir YARON, actuel Gouverneur de la BCI – Banque Centrale d’Israël – a fait savoir qu’en cas de scénario pessimiste, le déficit budgétaire serait de 11 % en 2021 contre 13 % en 2020 et que le taux de chômage serait de 13.90 %.

En matière de budget, le Gouverneur recommande de faire le distinguo entre les dépenses habituelles et celles liées directement à la lutte contre la Covid-19.

Lors d’un débat de la commission Monétaire s’étant tenu au sein de la Knesset (Parlement israélien) le 23/11/2020, le Professeur Amir YARON, actuel Gouverneur de la BCI a fait part de ses inquiétudes en matière de PIB qui “dans le cas où le virus serait mal maîtrisé, n’atteindrait pas son plein potentiel, même à horizon 2025″.
En ce sens, il convient dès à présent de penser à la formation des 40~50 ans ayant perdu leur emploi sous peine de perdre de nombreuses années de travail. Le chômage partiel comme il a été pensé nous a permis de pallier au confinement ; il faut maintenant l’adapter pour redémarrer la machine du Travail”.

Lorsque le Président de la Commission lui a demandé son avis sur les mesures de confinement prises, le Gouverneur a répondu qu’il n’est pas épidémiologiste et qu’il se garderait bien d’émettre un avis sur les mesures mises en place pour parer à l’expansion de la pandémie.
Toutefois, “il est primordial d’assurer la survie des entreprises en parallèle de la question de la Santé. En ce sens, nous devons tant que faire se peut accélérer la réouverture des centres commerciaux afin de retrouver et stabiliser une activité économique dans notre pays. Cette relance est bien évidemment à surveiller afin de ne pas assister à une reprise de la pandémie”.

Pour ce qui du déficit budgétaire, “nous devrions dans le meilleur des cas être à 8 % en 2021 contre 13 % en 2020 ; toutefois, un scénario plus pessimiste table sur 11 % pour 2021”.
En matière de dette publique, ici aussi il existe deux scénarios : dans le meilleur des cas elle représentera 73 % du PIB pour 2020 et grimpera à 76 % pour 2021 ; dans le pire des cas, elle représentera 75 % du PIB en 2020 et 83 % en 2021.
Le chômage dans le meilleur des cas devrait toucher 7.80 % de la population active en 2021 ; 13.90 % dans le pire des cas.
Enfin,”et dans le cas où nous peinerions à enrayer la propagation du virus, le retard de croissance du PIB ne serait pas rattrapé même en 2025″ a-t-il souligné.

Le Gouverneur a par ailleurs recommandé à la commission Monétaire ainsi qu’au Gouvernement de faire un distinguo entre les dépenses ordinaires et récurrentes et celles directement liées à la lutte contre la Covid-19 lors de l’élaboration du budget 2021.
Il a en outre proposé de ne pas fixer d’objectif de déficit pour 2021 mais plutôt de tenir les positions, rappelant également que le taux d’imposition ne serait pas réduit sans une réduction des dépenses.
Il a recommandé pour les années à venir de freiner, voire de stopper, toute décision venant à augmenter les dépenses sans qu’un budget existant ne puisse les couvrir.
La question de diminution de la dette publique ne pourra selon lui être abordée qu’à partir de 2022.

Au cours de ce débat, le Gouverneur est également revenu sur la confiance dernièrement renouvelée de la part d’agence de notation ou encore du S&P 500 : “le maintien de la note de notre dette met en lumière la vigueur du marché et de l’Économie israélienne ; dans les différentes annonces de maintien de la note, l’accent a toutefois été mis sur l’importance de stabiliser la question fiscale dans notre pays. En ce sens, il convient d’une part de valider au plus vite le budget 2021, mais également d’établir un programme fiscal sur le long terme qui permettra de fixer un ratio durable de la dette publique par rapport au PIB”.

Le Gouverneur s’est également exprimé sur la question des PGE – Prêts Garantis par l’État – qui dans “la plupart des pays européens sont garantis à plus de 80 % par l’État, tandis qu’en Israël la garantie est dans le meilleur des cas de 60 %. Dans ce domaine, la BCI n’a qu’un statut de conseiller, qui expose au ministère des Finances les risques et conséquences, la seule décision appartenant à ce ministère. Nous estimons cependant qu’un ratio de garantie plus important permettra aux banques de prêter au plus grand nombre et ainsi de relancer l’Économie”.

Pour rappel, à ce stade seuls 19 milliards de shekels ont été décaissés sur les 61 autorisés dans le cadre des PGE.
D’ailleurs, le Président de la commission Monétaire n’a pas manqué d’interpeller le Gouverneur à ce sujet, rappelant qu’en raison de ce décalage – prêts validés/prêts décaissés, de nombreuses familles pris dans la tourmente financière engendrée par les différents confinements peinent à se nourrir.
“il existe de nombreux obstacles en matière de PGE que nous tentons de contourner afin de soutenir le plus grand nombre”.

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