Fusion Mizrahi Igud

La banque Mizrahi-Tefahot est en train de finaliser l’acquisition de la banque Igoud pour la modeste somme de 1.4 milliards de shekels.
La dernière question en suspens était celle des plans sociaux à mettre en place.
Un accord a finalement été trouvé pour un coût total de 400 millions de shekels ; 200 % de plus que le coût initialement prévu.
Cette fusion prévoit la fermeture de plusieurs agences ; quel avenir en matière de service ?

La question de la fusion des banques Mizrahi-Tefahot et Igoud, ou plutôt le rachat de la seconde par la première est à l’étude depuis de nombreuses années ; depuis 2017.
Avec un système informatique complètement dépendant de celui de la banque Leumi, des performances à la traîne – loin derrière le peloton de tête – la banque Igoud n’est depuis bien longtemps plus considérée comme l’un des acteurs de la concurrence interbancaire en Israël.

Pourtant – et cela s’entend – cette fusion avait été arrêtée en juin 2019 par l’Autorité de la Concurrence, sous la pression de l’ancien ministre des Finances Moshé KAHLON, estimant qu’elle portait atteinte à la concurrence et donc à l’intérêt des israéliens.

De son côté, le Contrôleur des Banques au sein de la BCI – Banque Centrale d’Israël – ne voyait aucune objection à cette acquisition, dans la mesure où les piètres performances de la banque Igoud l’avaient depuis longtemps relayé au énième plan et que cette dernière était plus affairée à sa survie qu’à concurrencer les autres banques.

En novembre 2019, le Tribunal antitrust abrogeait finalement la décision de l’Autorité de la Concurrence et validait la fusion-acquisition.
Ce dernier estimait que d’une part, la banque Igoud était obsolète en matière de concurrence, concurrence qui serait par ailleurs incarnée par l’arrivée prochaine de nouveaux acteurs, au nombre desquelles des banques digitales, mais également les compagnies de cartes de crédits fraîchement indépendantes (anciennement sous le contrôle des banques).

Finalement, et au terme d’un long processus, la Mizrahi-Tefahot finalisait l’acquisition de la banque Igoud courant 2020 pour un montant total de 1.4 milliards de shekels.

Le dernier point à résoudre restait celui des plans sociaux.
Au terme de plusieurs mois de négociations houleuses entre la direction de la Mizrahi-Tefahot et le syndicat représentant les employés de la banque Igoud, un accord a enfin été trouvé.

Est notamment prévu le licenciement de 340 employés permanents – statut spécial qui garantit aux employés de la banque, sauf faute grave, la sécurité de l’emploi -, soit la moitié des effectifs de la banque pour ce type d’employés.
Bien que licenciés, ces-derniers le seront en tant que millionaires !

De fait, dans le cadre des pourparlers entre la direction et le syndicat, a été convenu que les indemnités de licenciement qui leur seraient versées seraient augmentées de 200 % pour atteindre la coquette somme de 400 millions de shekels (263 millions après impôt), soit environ 1 million de shekel par employé licencié ; ces-derniers quitteront progressivement la banque d’ici la fin 2022.

La fusion-acquisition prévoit par ailleurs la clôture de la plupart des 35 agences de la banque Igoud ce qui explique ce plan social massif.
Ces fermetures, qui ont depuis quelques années déjà cours en Israël afin d’optimiser les performances des banques ont de fait un impact sur la qualité du service octroyé aux clients de ces banques ; tous ne sont pas coutumiers des services de e-banking, à plus forte raison les non-hébraïsants : les traductions des sites bancaires sont généralement sommaires et hasardeuses…

Par ailleurs, certaines opérations exigent impérativement de se rendre en agence, que ce soit pour récupérer un chèque de banque, un chéquier, ou encore solliciter un concours bancaire ; la liste est loin d’être exhaustive.

Se dessine ainsi un système bancaire de plus en plus digitalisé, avec moins d’humain et des temps d’attente rallongés pour les services nécessitant l’implication humaine ; ces réformes laissent les coudées libres aux prestataires extérieurs, à l’instar des Family-Office à même de pouvoir pallier les carences grandissantes des banques en matière de service.

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