Moody's

Sur fond de crise économique et sanitaire toutes deux à imputer à la pandémie de Covid-19, l’agence de notation Moody’s a décidé de maintenir la notation d’Israël, à savoir A1.

Précédemment, Moody’s avait révisé ses prévisions pour l’Économie israélienne au cours du premier confinement, passant de prévisions “positives” à “stables”.
Le ministère des Finances espère des annonces similaires de la part des autres agences de notation.

Le 24 octobre, Moody’s, l’une des plus importantes agences de notation sur le plan international et dont le sérieux n’est plus à démontrer, à décidé de maintenir la notation de la dette souveraine israélienne à la note inchangée de A1, soit une très bonne note.

Cette décision vient encourager le ministère des Finances qui craignait qu’en raison de l’actuelle crise économique due aux mesures de confinement drastiques prises pour tenter de parer à l’expansion de la Covid-19 la notation d’Israël s’en trouverait abaissée.

Et pour cause, cette note se traduit en fait sous forme de taux d’emprunt sur les marchés internationaux pour Israël ; ainsi, plus la note est basse, plus le taux d’emprunt est élevé.

Cette note représente pour les créanciers la qualité d’un pays et sa capacité à honorer ses emprunts leur permettant d’arbitrer en terme de stratégie : ceux cherchant la rentabilité quitte à prendre des risques se dirigeront vers des pays à mauvaise notation avec une rentabilité élevée (exemple de la Turquie), tandis que ceux cherchant la tranquillité au prix d’une rentabilité plus modeste préfèreront se positionner sur des pays dont la dette souveraine jouit d’une bonne notation (exemple de la France).

Le cas d’Israël est toutefois intéressant, car tandis que certaines dettes de pays dont la notation est bonne proposent des rémunérations quasi-nulles, la dette israélienne bien que bien notée permet toutefois l’émission d’obligations dont la rentabilité continue d’attirer des investisseurs étrangers.

Rappelons que lors du premier confinement, Moody’s avait révisé ses prévisions pour l’Économie israélienne, les passant de prévisions “positives” à “stables”.
Ainsi, tout laissait à penser qu’au sortir du second confinement, Israël verrait sa notation abaissée… or ce ne fut pas le cas.
De fait, l’abaissement des prévisions implique généralement qu’en l’absence d’amélioration de l’Économie du pays dont les prévisions ont été abaissées, la notation baissera lors de la prochaine décision.

Cependant, comme mentionné, la société de notation a fait confiance aux explications des chefs de l’Économie israélienne et à la vigueur de cette dernière lors de son entrée dans la crise de la Covid-19, si bien que sa notation n’a pas été réduite.

Pour l’Économie israélienne, il s’agit là non seulement d’un gage de confiance de la part de l’une des plus importantes des agences de notation, si ce n’est la plus importante, mais aussi d’un tour de force, à l’heure où la notation de près de 40 autres pays a été abaissée au cours des derniers mois.

Pourtant, rien n’était gagné pour le pays dont l’Économie a été passablement dégradée au cours du second confinement, ayant notamment entrainé une augmentation significative du nombre de chômeurs qui oscille actuellement au tours du million.

Le pays souffre également d’un déficit budgétaire s’étant encore creusé au cours de la crise et actuellement supérieur à 11 % ; ses perspectives de Croissance ou plutôt de récession sont relativement préoccupantes, et légèrement supérieures à la moyenne des autres pays membres de l’OCDE avec une récession de 6 à 7 % prévue pour 2020.

Enfin, et sur fond de remous politiques ayant empêché la formation d’un gouvernement pendant près d’un an, à ce stade aucun budget n’a encore été approuvé et ce depuis plus de 10 mois ; une situation inédite, que l’on ne retrouve dans un aucun autre pays.

Le ministère des Finances espère prochainement des annonces similaires de la part des autres principales agences de notation – Standard & Poor, Fitch -, priant pour que ces dernières maintiennent également la notation, bien que pour chacune d’entre elles les critères soient indépendants, et que la notation soit aussi différente d’une agence à une autre.

Ainsi, la notation d’Israël chez Fitch est actuellement de A+, tandis que chez Standard & Poor’s elle est de AA-.

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