dollar

Le dollar américain est actuellement à son cours le plus bas jamais atteint et ce en dépit du fait que la BCI – Banque Centrale d’Israël – le maintient sous perfusion à grand renfort d’achats d’USD ; près de 2 milliards au cours du mois écoulé.
Actuellement à un cours de 3.222 ILS, la BCI s’interroge maintenant sur l’efficacité d’une arme qu’elle n’a jusqu’à présent pas voulu utiliser : l’abaissement du taux directeur.

La chute continue !

L’implication continue de la BCI qui a maintenu l’USD sous perfusion faisant notamment l’achat de près de 2 milliards d’USD supplémentaires au cours du mois passé n’y a rien fait, si bien que l’USD a finalement atteint son plus bas cours jamais atteint en date du 23/12/2020, à savoir celui de 1 USD pour 3.222 ILS.
En ce sens, tous les regards se tournent désormais vers la BCI : va-t-elle prendre la décision en date du 4/01/2021 d’abaisser son taux directeur en le passant de 0.10 % à 0 % ?

En effet, en abaissant ce dernier, la BCI dévaluerait d’une part sa devise en faveur de l’USD, tout en envoyant un message fort, celui de vouloir maintenir un cours raisonnable des principales devises.

Dans les faits, l’USD n’a eu de cesse de dégringoler, passant de 3.234 le 22/12 à 3.222 le 23/12, soit des cours plus bas que le précédent cours historiquement le plus bas enregistré en novembre 1996, avec un cours à 3.227.

À noter que peu avant que le cours soit fixé à 3.222 pour le 23/12, l’USD est passé momentanément sous la barre des 3.22, à savoir 3.2197 ILS.
Cette baisse s’est d’autant plus accélérée depuis la crise de la Covid-19 : par le jeu de ses exportations, notamment de Gaz, mais également de sa Hi-Tech, l’État a engrangé d’énormes quantités de devises étrangères qu’elle n’a pu dépenser en retour, faute de touristes israéliens voyageant et ce en raison des mesures de confinement imposées au retour de l’étranger.

L’USD n’est d’ailleurs pas le seul à connaître un recul, puisque l’EUR est passé dans le même temps à un cours de 3.9286, tandis que la Pound a également chuté à 4.3346 ILS.
Ainsi, l’ILS s’est renforcé face à toutes les principales devises.

Cette situation est plus que préoccupante, notamment sur le plan des exportations, rendant les biens et services israéliens peu compétitifs.
Aux exportateurs s’offrent alors deux solutions : baisse de leurs prix ou baisse de leurs ventes…

Par ailleurs, l’on observe que les interventions de la BCI sur le marché des devises, notamment de par l’achat massif de devises étrangères n’a plus qu’un effet éphémère, parfois quelques heures, si bien que les analystes financiers ne voient plus aucune pertinence à cette méthode et qu’il convient de passer à autre chose…

Ceux initiés à la philosophie de la BCI savent que pour cette dernière l’abaissement de son taux directeur, tout particulièrement pour le passer à zéro revient en quelque sorte, et pour bien illustrer l’état d’esprit de cette dernière, à utiliser l’arme nucléaire pour un État.

C’est pourtant ce qui semble se dessiner à l’horizon : abaissement pour la première fois du taux directeur à 0, voire même éventuellement un taux négatif.
Cette mesure ne serait pas sans conséquences sur les épargnes s’appuyant sur cet indice…

Toutefois, l’effet serait immédiat : d’une part affaiblissement de la devise au profit des devises étrangères et du marché extérieur israélien, mais aussi augmentation de la Consommation.
De fait, à la faveur d’un taux nul, voire négatif, les épargnants chercheront d’autres supports, à l’instar de l’immobilier, qui serait à n’en point douter celui le plus plébiscité par les investisseurs et ce pour plusieurs raisons : abaissement de la taxe d’acquisition pour les investisseurs, mais également la composition des emprunts qui devraient prochainement permettre aux emprunteurs de contracter 2/3 du concours bancaire sollicité en formules variables, soit possiblement en Prime…

Or, cette dernière formule est directement indexée au taux directeur de la BCI, si bien que l’abaissement de ce dernier, non-content de relancer les exportations et de doper la Consommation, aurait un effet immédiat sur le marché immobilier israélien.

Rappelons également que la BCI a défini comme l’une de ses cibles une inflation oscillant entre 1 et 3 %, objectif qu’elle est actuellement loin d’attendre – et ce depuis quelques années déjà.
Pourtant, l’abaissement du taux directeur en relançant la Consommation pourrait bien aider la BCI à atteindre ses objectifs dans ce domaine… En effet, une augmentation de la Consommation provoquerait une augmentation des prix et par la même de ladite Inflation.

Lors de la dernière réunion de la commission Monétaire au sujet du taux directeur s’étant tenue le 30/11/2020, l’un des 6 membres avait déjà proposé d’abaisser le taux directeur pour le ramener pour la première fois depuis la création de l’État d’Israël à un taux de 0 %.

Depuis, d’autres membres se sont ralliés à son idée si bien que lors de la prochaine réunion de la Commission devant se tenir le 4/01/2020, fort est à parier que le taux pourrait être abaissé à 0.

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