En Israël, le salaire moyen continue de croître, atteignant de nouveaux niveaux en décembre 2025, mais la high- tech domine clairement le marché avec des rémunérations bien supérieures à la moyenne nationale. Cette dynamique met en lumière les écarts sectoriels, tout en soulignant la compétitivité de l’économie israélienne et les défis liés à l’équité salariale.
Un salaire moyen en nette progression
Les dernières statistiques publiées par le Bureau central des statistiques israélien révèlent que le salaire moyen mensuel des salariés a atteint 14 677 shekels (environ 3 600 euros) en décembre 2025. Cette valeur représente une augmentation de 3,1 % par rapport à décembre 2024, dépassant le taux d’inflation annuel de 2,5 %.
Cette hausse réelle des rémunérations indique que, malgré les pressions sur les prix et les défis macroéconomiques, le pouvoir d’achat des salariés s’est légèrement renforcé en fin d’année. Elle reflète également la résilience du marché du travail israélien face à des conditions économiques mondiales parfois instables.
Une croissance de l’emploi constante
Le nombre total de salariés continue de progresser. En décembre, le marché comptait environ 4,161 millions de salariés, soit une hausse de 1,6 % par rapport à l’année précédente.
Cette augmentation témoigne d’une dynamique d’emploi stable dans de nombreux secteurs, notamment les services, le commerce et l’industrie. Elle souligne également que, malgré des pressions géopolitiques et des fluctuations économiques internationales, le marché du travail israélien conserve une tendance à la croissance.
La haute technologie : des rémunérations deux fois supérieures à la moyenne
Le contraste le plus frappant se situe dans le secteur de la haute technologie. Là où le salaire moyen national se situe autour de 14 700 shekels, les employés de la hi‑tech perçoivent des rémunérations bien plus élevées.
D’après les dernières données disponibles pour novembre, le salaire moyen mensuel dans le secteur technologique atteint 31 332 shekels, soit plus du double de la moyenne nationale.
Cette disparité s’explique par plusieurs facteurs : la forte demande de talents spécialisés, la rareté des profils techniques qualifiés et la capacité des entreprises technologiques à offrir des primes salariales attractives pour retenir leurs meilleurs éléments.
Part de l’emploi technologique dans le total
Malgré les salaires élevés, la hi‑tech représente environ 402 900 emplois, soit 9,8 % de l’ensemble des salariés en Israël. Bien que légèrement en baisse par rapport aux années précédentes, cette part reste significative et confirme l’importance stratégique de la technologie dans l’économie israélienne.
L’évolution du nombre d’emplois technologiques, combinée à la croissance dans d’autres secteurs, reflète une diversification économique et un équilibre progressif entre les industries traditionnelles et les nouvelles technologies.Écarts salariaux et implications économique
L’écart entre la haute technologie et le reste du marché met en évidence plusieurs enjeux :
- Attraction et rétention des talents : les entreprises tech attirent les meilleurs profils grâce à des rémunérations élevées, mais cette dynamique peut exercer une pression sur les salaires des autres secteurs.
- Inflation et pouvoir d’achat : la croissance des salaires au‑delà de l’inflation est favorable au pouvoir d’achat, mais soulève des questions sur la soutenabilité des coûts salariaux.
- Inégalités sectorielles : l’écart entre la hi‑tech et les autres domaines économiques pourrait accentuer les disparités de revenu, nécessitant une attention particulière des décideurs politiques.
Comparaison internationale et compétitivité
Israël conserve une position compétitive à l’échelle mondiale, notamment grâce à son écosystème technologique dynamique et à sa réputation de « Start‑up Nation ». Les salaires élevés dans la hi‑tech reflètent non seulement la rareté des compétences mais aussi l’intégration croissante d’Israël dans les chaînes de valeur mondiales de la technologie.
Les autorités insistent sur la nécessité de former davantage de professionnels qualifiés localement pour réduire la dépendance aux talents étrangers et soutenir la croissance économique à long terme.
Une dynamique salariale contrastée
Le marché du travail israélien affiche une progression salariale solide, avec une hausse réelle du salaire moyen en décembre. Cependant, la haute technologie domine clairement le paysage, creusant l’écart avec d’autres secteurs et soulignant les défis liés à l’équité et à l’inclusion économique.
Pour les décideurs et les investisseurs, l’enjeu sera désormais de maintenir une croissance équilibrée, capable de soutenir le pouvoir d’achat, tout en continuant à renforcer l’innovation et la compétitivité du pays à l’échelle mondiale.