banque centrale d'Israel

Fin avril 2021, le total des devises étrangères détenues par la BCI – Banque Centrale d’Israël – caracolait à près de 200 milliards d’USD ; 194 pour être exact.
Une augmentation de 8 milliards d’USD en l’espace d’un mois.
Ce total représente 48.10 % du PIB du pays.

Nouveau record en matière de volume de devises étrangères détenues dans les livres de la BCI pour le mois d’avril 2021, avec un volume total détenu avoisinant les 200 milliards d’USD.
Fin avril 2021, le volume total détenu par la BCI était exactement de 193,996 milliards d’USD, soit une augmentation de 8.316 milliards d’USD en l’espace d’un mois.
Pour mettre ces chiffres en perspective et bien comprendre l’importance du volume détenu par la BCI, ce total représente 48.10 % du PIB du pays.

Cette augmentation s’explique principalement par l’achat massif de devises étrangères par la BCI – essentiellement des USD – pour un montant de 5.266 milliards d’USD, mais aussi de transferts du secteur privé pour un montant d’environ 186 millions de dollars.

Les réserves de change ont par ailleurs été réévaluées pour un montant d’environ 3.129 milliards de dollars.
En parallèle, l’augmentation a été partiellement compensée par des transferts gouvernementaux à l’étranger d’un montant d’environ 265 millions d’USD – une goutte d’eau…

Mais pourquoi ces achats massifs de devises ?

Pour contrecarrer, ou tout du moins tenter de contrecarrer, le décrochage du shekel face aux autres principales devises, avec au premier plan l’USD et l’EUR.
De fait, rappelons que début 2021, la BCI avait été obligé de réagir très fortement en raison d’un cours du shekel en pleine échappée face à ces dernières, avec un USD à son plus bas niveau historique approchant dangereusement des 3 ILS, tandis que l’EUR tutoyait les 3.80 ILS.

Sous la pression des industriels israéliens, mais également des acteurs du secteur de la Hi Tech qui voyait la flambée du shekel – et à raison – comme un véritable péril pour leur activité, la BCI annonçait courant janvier 2021 un plan d’achat massif d’USD de 30 milliards d’USD pour l’année 2021.

Or, en l’espace de 4 mois la BCI a déjà fait l’acquisition de 20 milliards d’USD si bien qu’il ne subsiste plus aucun doute quant au fait que la BCI va largement dépasser cet objectif ; cette stratégie interroge…

De fait, ces achats semblent de moins en moins efficaces dans le temps avec des effets qui se font sentir ponctuellement, mais qui ne s’inscrivent pas dans la durée, si bien que la BCI devrait s’interroger sur sa stratégie.

L’abaissement du taux directeur pourrait en effet être une bonne stratégie permettant de dévaluer la monnaie et de catalyser la compétitivité des industriels israéliens ; mais qu’adviendra-t-il alors de l’Inflation qui connaît déjà une reprise à tel point que la BCI envisage au contraire de réhausser le taux directeur courant 2022.

À ce stade, semble que la BCI tient les positions et est dans l’attentisme : elle attend les mesures à venir des autres banques centrales pour se positionner.
Si la FED et la BCE abaissent encore leur taux directeur pour permettre la relance, quelle position prendra la BCI et comment juguler l’Inflation ?
D’ailleurs, c’est peut-être cette dernière qui pourrait sortir la BCI de cette impasse…

En effet, pour peu que l’Inflation menace la FED et la BCE, ces-dernières pourraient réhausser leur taux directeur ce qui permettrait à la BCI de ne pas toucher au sien tout en jouissant d’une baisse de pression à la hausse sur sa devise.

Mais alors, quid des taxes à l’importation, notamment dans la guerre commerciale opposant la Chine aux États-Unis qui pourrait connaître une nouvelle flambée ?

Articles similaires

Write a comment