L’inflation israélienne est revenue à 1,5 % en juillet, son niveau le plus faible depuis plusieurs années et nettement inférieur au centre de la fourchette cible de la Banque d’Israël. Dans ce contexte, une nouvelle baisse des taux apparaît possible. Mais entre la vigueur du shekel, la résistance de l’économie, les tensions sur le marché immobilier et les incertitudes géopolitiques, la Banque d’Israël devra avancer avec prudence.
Une inflation désormais sous contrôle
La publication du dernier indice des prix à la consommation constitue un signal particulièrement encourageant pour l’économie israélienne. En juillet, les prix ont progressé de 0,3 % sur un mois, tandis que l’inflation annuelle est revenue à 1,5 %, contre 1,6 % en juin. Elle se situe ainsi confortablement dans la fourchette de stabilité des prix de la Banque d’Israël, comprise entre 1 % et 3 %.
Cette évolution redonne à la banque centrale une marge de manœuvre pour poursuivre progressivement l’assouplissement de sa politique monétaire. Après plusieurs années durant lesquelles la lutte contre l’inflation a justifié des taux élevés, le ralentissement actuel des prix permet désormais d’envisager une réduction du coût du crédit.
Le taux directeur se situe actuellement à 3,5 %, après une nouvelle baisse de 0,25 point en juillet. La Banque d’Israël avait alors laissé entendre que d’autres réductions pourraient intervenir si les conditions économiques le permettaient.
La baisse des taux reste néanmoins incertaine
Pour autant, une nouvelle baisse n’est pas acquise. Le gouverneur de la Banque d’Israël, Amir Yaron, a récemment souligné que la prochaine décision dépendrait notamment de l’évolution de l’inflation, du marché du travail, de la situation financière et des risques géopolitiques.
Le niveau actuel de l’inflation ne devrait d’ailleurs pas nécessairement durer. Certains économistes estiment que plusieurs facteurs temporaires, notamment la vigueur exceptionnelle du shekel, ont contribué à contenir les prix. L’inflation pourrait ainsi progressivement revenir vers 2 %, soit le milieu de la fourchette cible de la banque centrale.
Cette perspective explique la prudence de l’institution. Une baisse trop rapide des taux pourrait stimuler la demande et contribuer à une remontée des prix, alors qu’une politique trop restrictive risquerait, à l’inverse, de peser inutilement sur l’activité économique.
Le shekel joue un rôle déterminant
La vigueur de la monnaie israélienne constitue précisément l’un des éléments qui contribuent actuellement à la modération de l’inflation. Un shekel fort réduit le coût des produits importés et permet ainsi de limiter les pressions sur les prix à la consommation.
Cette situation présente toutefois un revers pour les entreprises exportatrices, notamment dans la haute technologie. Une part importante de leurs revenus est réalisée en dollars ou en euros, tandis que leurs coûts sont souvent supportés en shekels.
L’appréciation de la monnaie réduit donc mécaniquement la valeur de leurs recettes une fois converties en devise locale. Une baisse des taux pourrait contribuer à réduire l’écart de rendement avec les autres économies et, par conséquent, à limiter la pression haussière sur le shekel. Cet effet serait particulièrement favorable aux secteurs tournés vers l’international.
L’immobilier reste sous surveillance
Le marché immobilier constitue toutefois un autre élément à prendre en compte. Si les prix des logements ont légèrement reculé sur un an, certaines composantes liées au logement continuent de progresser.
En juillet, le poste logement de l’indice des prix à la consommation a augmenté de 0,7 %. Les loyers des nouveaux contrats ont, quant à eux, progressé de 4,7 % sur un an, tandis que les locataires renouvelant leur bail ont enregistré une hausse plus modérée de 2,6 %.
Ces chiffres incitent la Banque d’Israël à ne pas considérer la baisse de l’inflation comme définitivement acquise. Le logement demeure en effet une composante majeure du budget des ménages et pourrait continuer à exercer une pression sur les prix.
Une économie qui conserve de solides atouts
Malgré ces incertitudes, le tableau d’ensemble reste favorable. L’économie israélienne a démontré une remarquable capacité de résistance et dispose toujours de moteurs de croissance puissants, notamment dans les secteurs technologiques et exportateurs.
La perspective d’une poursuite progressive de la baisse des taux pourrait ainsi constituer un soutien supplémentaire à l’investissement, à la consommation et au marché immobilier. Pour les ménages comme pour les entreprises, une diminution du coût du crédit améliorerait les conditions de financement et pourrait favoriser de nouveaux projets.
Pour les investisseurs et les détenteurs de patrimoine, cette évolution mérite également une attention particulière. Une normalisation progressive des taux pourrait modifier l’équilibre entre placements financiers, obligations, immobilier et liquidités.
La Banque d’Israël se trouve donc aujourd’hui dans une situation relativement confortable : l’inflation est maîtrisée, le shekel demeure solide et l’économie conserve une capacité de croissance appréciable. Le principal enjeu sera désormais de trouver le juste rythme pour accompagner cette amélioration sans compromettre la stabilité des prix.
Une nouvelle baisse des taux apparaît ainsi comme une possibilité crédible. Mais plutôt qu’un changement brutal de cap, il faut probablement s’attendre à une normalisation progressive et mesurée de la politique monétaire. Pour l’économie israélienne, cette perspective constitue en elle-même un signal encourageant.