Le départ du Gouverneur de la Banque Centrale d’Israël laisse un héritage complexe à son successeur

Gouverneur

L’actuelle Gouverneur de la BCI – Banque Centrale d’Israël – devrait quitter son poste en novembre 2018.
Elle laisse derrière elle une période sans crises, sur fond d’une période faste.
Son héritier devra faire face à la prochaine crise sans “arme de destruction massive” : la baisse des taux d’intérêt.

C’est après avoir dirigé la BCI durant 62 mois que l’actuelle Gouverneur de la BCI Karnit FLUG tirera sa révérence en novembre 2018.
Dans sa lettre adressée au premier Ministre Benyamin NETANYAHU elle rappelle que “la BCI a joué un rôle majeur dans la stabilité et la vigueur de l’Économie israélienne au cours des dernières années”.
Force est d’admettre qu’elle a raison.

De fait, le bilan est positif : un chômage historiquement bas, une Consommation des ménages stable et forte, un taux record de la population active et une Exportation qui reste forte et ce en dépit de la vigueur du shekel s’étant passablement renforcé face aux principales devises.
Concernant ce-dernier, la BCI a tant bien que mal freiné son renforcement notamment grace à l’achat massif d’USD.
Dans les faits, l’Économie israélienne a certainement connu au cours de ces-dernières une prospérité encore jamais égalée et tout cela sous la gouvernance de FLUG.

Il convient toutefois de tempérer son bilan en rappelant qu’elle n’a pas eu affaire à un évènement majeur durant sa gouvernance à l’instar d’une crise économique telle qu’à pu la connaître son prédécesseur Stanley FISHER qui avec la crise des subprimes a su faire face à la pire crise que l’économie mondiale ait connu depuis la crise de 1929.
Mieux, sa gouvernance exemplaire face à cette crise lui a permis d’accéder à l’un des trois postes les plus prisés au sein de l’Économie américaine, celui de vice-Président de la FED.

Au cours des 5 années de gouvernance de FLUG, l’Économie mondiale fut excellente avec des objectifs de Croissance atteint pour la quasi-intégralité des pays développés sans qu’aucune crise économique importante ne soit prévue pour quelque pays que ce soit ; enfin, et pour la première fois au cours des 5 années écoulées, l’inflation commence à lever la tête au sein des Économies les plus fortes.

Dans sa lette adressée au premier Ministre Benyamin NETANYAHU, FLUG met l’accent sur le fait qu’il est important que la BCI conserve son indépendance ; en d’autres termes, elle demande à ce-dernier de ne pas parasiter le prochain gouverneur et de le laisser diriger l’Économie israélienne notamment en utilisant l’intégralité des moyens et outils à sa disposition.
Pas si sûr que dans les faits les choses soient aussi simples…

FLUG passera le relai avec un taux directeur qui devrait être de 0.25 % et ce après plus de 3 années où il fut maintenu à son taux le plus bas, à savoir 0.10 %.
Ce taux est historiquement bas et d’autant plus étonnant en raison d’une situation économique favorable.
De fait, à plusieurs occasions la BCI aurait pu augmenter son taux directeur ; toutefois, au sein de cette dernière, la politique fut conservatrice, préférant repousser tant que faire ce peu une augmentation du taux en invoquant différents prétextes : impact sur le marché immobilier, un shekel trop fort, crainte de crises économiques dans le monde, etc…

Bien qu’à ce jour personne ne connaisse encore le prochain Gouverneur de la BCI, une chose est déjà sûre : du fait d’un taux directeur déjà extrêmement bas, il se retrouvera sans armes lors de la prochaine crise économique, conséquence directe de la politique protectionniste de FLUG durant sa gouvernance…

Calcalist

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