Le shekel : la 3ème monnaie la plus forte

shekel

Le shekel se renforce sans cesse face aux principales devises.
Bien que rendant les importations plus intéressantes, les exportations en sont affectées.
Qui sont les gagnants, les perdants et pourquoi les interventions de la BCI n’y changeront pas grand chose.

Au cours des dernières années, l’ILS a franchi plusieurs paliers et s’est énormément renforcé face aux principales devises ; ainsi, semble qu’au cours des 2 dernières années, il peut être considéré comme la 3ème monnaie la plus forte et épisodiquement la plus forte.
Il est par exemple celui s’étant le plus renforcé face à l’USD depuis 2015, à savoir 12.10 %, loin devant les 2e et 3e le dollar taïwanais et la Yen avec leur 6 %.Quelles en sont les raisons ? La stabilité et bonne santé accrue de l’Économie israélienne au cours des dernières années y sont pour beaucoup, entraînant de plus en plus de demande pour la monnaie israélienne.
De fait, Israël est bénéficiaire et prête tandis que la majorité des pays occidentaux empruntent ; sur le plan sécuritaire, la situation s’est stabilisée.
Enfin, la BCI – Banque Centrale d’Israël – arrive à maintenir les objectifs d’inflation qu’elle se fixe.
En ressort une tendance très nette et ce en dépit des tentatives de la BCI de la freiner : l’augmentation du shekel.

Il est vrai qu’un shekel fort profite aux importations, ou encore aux consommateurs qui paient mois chers voyages, ordinateur, etc…
Toutefois, pour les exportateurs, cette situation est dramatique : ces-derniers paient leurs employés en shekels, tandis qu’ils sont payés en EUR ou en USD, qui se dévaluent.
Ainsi, au mieux son bénéfice est grignoté, au pire il est déficitaire ; quoi qu’il en soit, cette situation n’est pas viable sur le long terme.
Pourtant, la BCI tente d’y palier notamment par l’achat massif d’USD, afin de le renforcer face à l’ILS, mais cela n’a qu’un effet ponctuel ; fin 2017, la BCI détenait 113 milliards d’USD avec une augmentation de 38 % entre 2013 et 2017.

“D’ailleurs, cette politique interventionniste de la BCI ne fait pas l’unanimité au sein des économistes”, nous explique l’un d’entre eux, Ori GRINFELD.
“En effet, elle pénalise en premier lieu les consommateurs qui jouissent d’un pouvoir d’achat accru à la faveur d’un shekel fort ; par ailleurs, une grande partie des exportations israéliennes vient du secteur Hi-Tech qui en dépit de la vigueur du shekel tire son épingle du jeu à la faveur de l’absence de concurrents sérieux.”

Par ailleurs, et quand bien même le secteur Low-Tech [ndlr : textiles, etc…] est le principal touché, les licenciés de ce-dernier pourront trouver un nouvel emploi dans un contexte de faible chômage.
Enfin, les chiffres du BCS – Bureau Central des Statistiques “font état d’une augmentation continue des exportations”.

Selon GRINFELD ” les interventions de la BCI ne sont pas les bonnes interventions ; de fait, certains secteurs ne sont pratiquement pas concurrencés en raison de politiques protectionnistes. C’est justement là que les interventions doivent avoir lieu ! Pour peu que soient levées “les barrières “les protégeant, les effets seront multiples : augmentation des importations d’où baisse des prix au bénéfice des consommateurs, mais également baisse du cours du shekel !”.

Sharga BROSH pense au contraire “qu’il est de la responsabilité du Gouvernement de s’impliquer, sans distinction entre les Hi et Low Tech”.
Ainsi, il propose que ” tout virement reçu depuis l’étranger et en devise étrangère soit automatiquement mis à disposition de son bénéficiaire en shekel uniquement”.
Par ailleurs, il propose “la mise en place de lois protectionnistes mettant en avant la consommation de produits “blanc-bleu” uniquement”, arguant que ” ce type de lois existent déjà aux États-Unis”.

“De fait, les interventions de la BCI ne sont que ponctuellement efficaces et les outils financiers existant actuellement ne permettent aux exportateurs qu’une couverture sur du court-terme”.

Ynet

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