Quels sont les prochains défis des banques israéliennes ?

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Avec un changement de la plupart des directeurs des grandes banques israéliennes, le système bancaire est en pleine effervescence.
Est-ce que la loi plafonnant les salaires des PDG du secteur de la Finance décourage les meilleurs d’entre-eux de prendre la direction des banques ?

Les nouveaux directeurs seront-ils à la hauteur des défis qui les attendent ?
Peu après que les banques Hapoalim et Discount se sont vues attribuer de nouveaux directeurs, c’est au tour de la banque Leumi.
Pour l’Hapoalim c’est maintenant Dov KOLTER qui en sera le PDG ; Ouri LEVIN pour la Discount et Hanan FRIEDMAN pour la Leumi.

FRIEDMAN est issu du monde juridique et non du monde bancaire.
Précédemment en charge du département juridique au sein de la compagnie d’assurances Harel, il rejoint la banque Leumi en 2014 à la demande du PDG sortant Rakefet ROSEK-AMINACH en qualité de Conseiller juridique de la banque.
Considéré comme son bras droit, ROSEK-AMINACH l’a fait progresser au sein de la banque jusqu’à lui confier le département de Stratégie et Développement de la banque.
Tranchant et précis, certains estiment toutefois qu’il manque d’expérience dans le monde bancaire ; par ailleurs, il n’a pas d’expérience en matière de gestion de nombreux employés – la Leumi en compte environ 9,700.

Pour rappel, entre avril et juin 2019, 3 PDG de grandes banques israéliennes annonçaient leur départ : Arik PINTO pour l’Hapoalim, Rakefet ROSEK-AMINACH pour la Leumi et Lilakh ASHER-TOPELSKY.
Ces démissions multiples ont causé de nombreux remous dans le système bancaire questionnant sur la loi plafonnant les salaires des PDG du secteur de la Finance et les conséquences qu’elle peut avoir sur le système bancaire.
De fait, le salaire annuel de ces-derniers est limité à 3 millions de shekels, ce qui a fait fuir les stars de ce secteur ; toutefois, de nouveaux directeurs ont été élus.

Jusqu’à peu encore, avant d’être élu, le PDG en-devenir devait passer par de nombreux postes de direction au sein de la banque avant d’en prendre la direction, notamment ceux du département commercial ou services bancaires à la personne.
Or, les 3 nouveaux PDG fraichement élus ont brûlé les étapes et n’ont pas dirigé de tels départements ; il est vrai cependant que KOLTER a dirigé la banque Igoud avant sa prise de fonction au sein de la banque Hapoalim et LEVIN la succursale new-yorkaise de la Discount.
Par ailleurs, fort à parier qu’à horizon 3 à 5 ans, les nouveaux PDG décident de quitter le système bancaire pour les mêmes motifs que les précédents, à savoir un salaire plus important dans un autre secteur, exception faite de KOLTER, qui en raison de son âge – 63 ans – prendra certainement sa retraite après cette fonction ; cette donnée devrait d’ailleurs lui donner la possibilité de gérer plus librement la banque sans la pression du poste à venir.

Des défis de taille attendent ces 3 nouveaux PDG : tandis que LEVIN et FRIEDMAN reçoivent des banques avec d’excellents résultats, KOLTER arrive dans un contexte plus mitigé ; peu avant sa prise de fonction, 2 hauts directeurs ont annoncé leur démission.
Ainsi, les 2 premiers devront faire en sorte de maintenir le cap, alors que le troisième devra restructurer en partie la direction de la banque et optimiser les performances de cette dernière.

Mais leur plus grand défi, et d’ailleurs celui de l’ensemble des banques, sera de faire face à la nouvelle donne dans le monde bancaire : de nombreux changements en terme de régulation au cours des dernières années, des dispositions prises afin d’augmenter la concurrence inter-bancaire, la Fintech qui concurrence les banques sur leur terrain notamment en matière de prêts à la consommation ou encore de changes de devises.
Face à ces changements et ceux à venir, les banques sauront-elles réagir suffisamment vite ?

Ynet

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