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Après plusieurs mois de renforcement du shekel, le marché des changes israélien connaît un mouvement de correction. Le dollar a retrouvé des niveaux observés au printemps, tandis que l’euro s’échange autour de 3,48 shekels. L’accélération de l’inflation américaine et les fluctuations des marchés financiers internationaux contribuent à cette évolution. Pour les particuliers et les investisseurs dont le patrimoine est réparti entre l’Europe et Israël, ces mouvements ont des conséquences concrètes sur le pouvoir d’achat et la valeur des capitaux transférés.

Le dollar et l’euro progressent face au shekel

À la mi-octobre, le dollar a dépassé 3,11 shekels en séance, retrouvant des niveaux qui n’avaient plus été observés depuis avril. Cette progression intervient après un point bas proche de 2,80 shekels à la fin du mois de mai.

L’euro a également regagné du terrain. Le taux de référence publié par la Banque d’Israël le 16 octobre s’établissait à 3,4769 shekels pour un euro, soit environ 3,48 shekels.

L’impact est significatif pour les personnes qui transfèrent des fonds depuis l’Europe. À ce taux, 100 000 euros représentent environ 347 690 shekels, contre 327 000 shekels lorsque l’euro valait 3,27 shekels à la fin mai.

L’écart atteint près de 20 700 shekels, avant frais et commissions. Cette comparaison illustre l’effet du taux de change sur les transferts internationaux, sans préjuger de son évolution future ni du taux effectivement proposé par une banque ou un prestataire.

L’inflation américaine influence les marchés

Les dernières données économiques américaines contribuent à expliquer le renforcement du dollar. Selon le Bureau américain des statistiques du travail, l’indice des prix à la consommation a progressé de 3,7 % sur un an en septembre, après une hausse de 3,4 % en août. Les prix à la production ont également fortement augmenté, de 1,3 % sur le mois.

Ces chiffres ravivent les interrogations sur le ralentissement de l’inflation et sur les prochaines décisions de la Réserve fédérale. Si les taux d’intérêt américains restent élevés plus longtemps que prévu, les placements en dollars peuvent conserver leur attrait et attirer des capitaux internationaux.

Il faut toutefois distinguer les deux devises : le cours euro-shekel dépend à la fois de l’évolution du shekel et de celle de l’euro face au dollar. La hausse du dollar ne se traduit donc pas automatiquement par une progression équivalente de l’euro. Pour les clients dont la devise de référence est l’euro, c’est bien le taux EUR/ILS qui détermine la contre-valeur de leurs capitaux en shekels.

Wall Street, un facteur de plus en plus important

Les investisseurs institutionnels israéliens, notamment les fonds de pension et les compagnies d’assurance, détiennent une part importante de leurs actifs sur les marchés internationaux. Pour limiter leur exposition aux variations de change, ils utilisent des instruments de couverture dont les ajustements peuvent influencer les échanges de devises.

Les fluctuations des marchés boursiers américains, les valorisations des entreprises technologiques et les investissements dans les infrastructures liées à l’intelligence artificielle peuvent ainsi se répercuter sur le shekel. Selon les opérations réalisées par les investisseurs, ces mouvements sont susceptibles d’accentuer les variations du taux de change.

Cette influence croissante ne traduit pas nécessairement un affaiblissement de l’économie israélienne. Elle reflète aussi l’intégration du marché local aux flux financiers mondiaux, dont les évolutions peuvent désormais peser sur la monnaie israélienne même en l’absence d’un événement économique majeur dans le pays.

Quelles conséquences pour les patrimoines en euros ?

Pour les personnes qui perçoivent des revenus en euros et dépensent en shekels, la hausse de l’euro améliore la contre-valeur locale de leurs capitaux. Elle peut notamment favoriser les transferts destinés à financer des dépenses courantes, une acquisition immobilière ou des travaux en Israël.

À l’inverse, les ménages rémunérés en shekels qui doivent financer des engagements en euros, comme l’achat d’un bien immobilier en Europe, peuvent voir leur coût augmenter.

Le change influence également la valeur des patrimoines internationaux. Un bien immobilier en Israël peut conserver son prix en shekels tout en représentant une valeur différente en euros.

De même, un placement européen peut évoluer en valeur exprimée en shekels sans que sa performance en euros ait changé. Pour évaluer correctement un investissement, il convient donc de distinguer son rendement propre de l’effet lié aux devises.

Intégrer le risque de change dans les décisions financières

L’évolution de l’euro-shekel dépend de plusieurs facteurs : inflation américaine, anticipations de taux, marchés financiers internationaux et situation économique et géopolitique d’Israël. Aucun ne permet, à lui seul, de prévoir avec certitude la trajectoire future de la monnaie israélienne.

Pour les clients qui détiennent des capitaux en euros et réalisent des opérations en Israël, l’enjeu est d’intégrer le taux de change à leur réflexion financière. Le montant à transférer, le calendrier des dépenses, la devise des revenus et les besoins futurs de liquidités méritent d’être examinés ensemble.

Sur les opérations importantes, comparer les conditions de change et anticiper les échéances peut contribuer à maîtriser les coûts. Dans un patrimoine réparti entre plusieurs pays, le rendement des placements et l’évolution des devises sont distincts, mais leur combinaison peut sensiblement modifier le résultat final.

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