La Banque Centrale d’Israël, ou l’insolvable problématique du taux directeur

taux directeur

Sur fond d’incertitude sur l’ensemble des marchés et places financières du reste du globe, les avis divergeaient au sein du monde des analystes financiers quant aux mesures venant à être prises par le Professeur Amir YARON, actuel Gouverneur de la BCI – Banque Centrale d’Israël.
Le taux directeur stagne à 0.25 % depuis le début de l’année.

À la grande surprise, la commission Monétaire présidée par le Professeur Amir YARON, actuel Gouverneur de la BCI, a décidé le 25/11/2019 de maintenir le taux directeur inchangé à savoir 0.25 %, tandis que nombre d’analystes tablaient sur un abaissement du taux directeur sur fond de ralentissement de l’Inflation et de la Croissance, mais aussi de renforcement du shekel face à l’USD.
Il convient toutefois de préciser que les avis sont partagés au sein de la Commission, composée de 5 membres, certains de ces-derniers étant en faveur de l’abaissement de ce-dernier tandis que l’un d’entre-eux avance qu’il faudrait l’augmenter.

Selon toutes vraisemblances, le taux aurait dû être revu à la baisse pour atteindre le plancher de 0 ; dans les faits, la décision fut complexe.
Tout d’abord, les effets sur l’Inflation et la Croissance de l’abaissement du taux directeur de 0.15 points sont incertains ; en effet, la politique menée par la BCI avec un taux directeur moyen de 0.10 % – contre actuellement 0.25 % – est de fait une politique expansionniste.
Pourtant, pas de reprise de l’Inflation, elle fut même parfois négative, si bien que de plus en plus de membres de différentes banques centrales se demandent s’il y a même un lien entre taux directeur faible et Inflation.

Ainsi, l’un des membres de la Commission en faveur de l’augmentation du taux directeur explique que “le taux directeur actuel ne convient pas aux conditions actuelles du Marché. Les problèmes rencontrés en matière d’Inflation qui ne concorde pas avec les objectifs fixés vient du fait que les prix en Israël sont en cours d’alignement avec ceux qui se pratiquent dans le reste du monde”.
Et ce-dernier n’est pas le seul : nombre de gouverneurs de banques centrales ou de membres de commissions monétaires en Europe comme aux États-Unis pensent qu’il faut rompre avec cette politique d’abaissement des taux directeurs qui favorise les potentielles bulles et rendront la prochaine crise encore pire que celle de 2008.

En Israël, les prix de l’Immobilier sont élevés et continuent d’augmenter et ce conformément à l’ensemble des pays occidentaux ; la situation est cependant plus sensible en Israël et ce pour plusieurs raisons : absence de Gouvernement et pas de coalition à l’horizon, absence de budget, une politique fiscale expansionniste sans précédents, un déficit budgétaire en augmentation, un ministère des Finances muselé, et enfin – cerise sur le gâteau – une banque centrale sans “armes” et dans l’impossibilité d’abaisser un taux directeur déjà trop bas.

Bref, des contextes géopolitique et politique incertains et qui ne sont pas sans conséquences pour le Marché israélien.
Cette situation est inédite pour la BCI, si bien qu’elle adopte pour l’instant une situation d’attentisme… avec une possibilité d’électrochoc en cas de crise sans pour autant passer sous la barre du 0 en matière de taux directeur.

Calcalist

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