La Banque d’Israël poursuit son mouvement d’assouplissement monétaire avec une troisième baisse consécutive de son taux directeur, désormais fixé à 3,25 %. Cette décision intervient dans un contexte particulièrement favorable, marqué par une inflation ramenée à 1,5 %, une activité économique en nette reprise et une relative stabilité du shekel. Pour les ménages, les entreprises et les investisseurs, cette détente des taux pourrait ouvrir une nouvelle phase pour l’économie israélienne.
Une troisième baisse consécutive
Le 1er septembre, la Banque d’Israël a réduit son taux directeur de 0,25 point, le faisant passer de 3,5 % à 3,25 %. Il s’agit de la troisième baisse consécutive, après celles intervenues en mai et en juillet. Depuis le début de l’année, le taux directeur a ainsi diminué d’un point. Le taux Prime, qui évolue directement en fonction du taux de la Banque d’Israël, s’établit désormais à 4,75 %.
Cette décision traduit une évolution significative de l’environnement économique. Après plusieurs années durant lesquelles la politique monétaire devait composer avec une inflation élevée et des conditions de financement restrictives, la situation permet désormais à la Banque d’Israël d’apporter davantage de soutien à l’activité.
Une inflation revenue à 1,5 %
Le principal élément ayant permis cette nouvelle réduction est sans doute l’évolution de l’inflation. Sur douze mois, celle-ci s’établissait à seulement 1,5 % en juillet, soit un niveau inférieur au centre de la fourchette cible de la Banque d’Israël, comprise entre 1 % et 3 %. L’indice des prix à la consommation a progressé de 0,3 % en juillet, après être resté stable en juin.
Cette modération offre à la banque centrale une marge de manœuvre appréciable. Elle permet de réduire progressivement le coût du crédit sans compromettre, à ce stade, l’objectif de stabilité des prix.
La Banque d’Israël reste néanmoins prudente. Ses projections indiquent que l’inflation devrait se maintenir à proximité du centre de la fourchette cible dans les prochains mois.
L’institution entend donc poursuivre une approche graduelle, en tenant compte de l’évolution de l’activité, du taux de change, des finances publiques et de la situation géopolitique.
Le crédit immobilier, premier bénéficiaire
Pour les ménages, l’effet le plus immédiat de cette détente se fait sentir sur les emprunts à taux variable, et notamment sur les crédits immobiliers indexés sur le Prime.
Une baisse de 0,25 point se traduit directement par une diminution du coût de la composante Prime d’une hypothèque. L’impact exact dépend naturellement du montant restant dû, de la durée du crédit et de la structure du financement, mais pour de nombreux emprunteurs, la baisse successive des taux commence à représenter une économie significative.
Les ménages disposant de crédits à taux fixe ne bénéficient pas automatiquement de cette baisse. Ils peuvent toutefois, selon leur situation, envisager un refinancement si les conditions proposées sur le marché rendent une telle opération intéressante.
Cette détente pourrait également soutenir progressivement le marché immobilier. En juillet, environ 10 milliards de shekels de nouveaux prêts hypothécaires ont été accordés, tandis que les prix des logements ont progressé de 0,1 % entre mai et juin, tout en restant en baisse de 1,5 % sur un an.
Les entreprises retrouvent également de l’oxygène
La baisse des taux constitue aussi une bonne nouvelle pour les entreprises. Un coût de financement plus faible facilite les investissements, le développement de nouveaux projets et le financement de la trésorerie.
Cet effet est particulièrement intéressant pour les petites et moyennes entreprises, qui sont généralement plus sensibles au coût du crédit. Une détente progressive des conditions financières peut ainsi contribuer à soutenir l’activité et l’emploi, tout en renforçant la confiance des acteurs économiques.
Le mouvement intervient alors que l’économie israélienne connaît une reprise particulièrement dynamique. Au deuxième trimestre 2026, le PIB a progressé à un rythme annualisé de 15,4 % par rapport au trimestre précédent et se situait 6,2 % au-dessus de son niveau du quatrième trimestre 2025.
Hors production réalisée à l’étranger par des entreprises israéliennes, la croissance apparaît toutefois plus modérée, à 3,8 %.
Les épargnants doivent adapter leurs stratégies
La baisse des taux présente cependant un revers pour les détenteurs de liquidités et les investisseurs privilégiant les placements très prudents.
Les fonds monétaires, qui investissent principalement dans des actifs à court terme, voient progressivement leur rendement diminuer lorsque les taux directeurs reculent. Les investisseurs qui avaient bénéficié ces dernières années de rendements particulièrement attractifs sur leurs liquidités devront donc probablement réévaluer leurs arbitrages.
Le marché obligataire peut, en revanche, offrir un environnement plus favorable aux détenteurs d’obligations existantes. Lorsque les taux diminuent, la valeur des obligations déjà émises à des taux plus élevés peut progresser, créant des opportunités de plus-value. Les nouvelles émissions offriront toutefois des rendements progressivement moins élevés.
Une nouvelle phase pour l’économie israélienne
La Banque d’Israël semble ainsi avoir trouvé un équilibre entre soutien à l’économie et maintien de la stabilité des prix. L’inflation maîtrisée, la reprise de l’activité et la relative stabilité du shekel constituent des éléments favorables à la poursuite d’une normalisation monétaire.
Des incertitudes demeurent néanmoins, notamment sur le plan géopolitique. La Banque d’Israël souligne que l’évolution des tensions régionales, des prix de l’énergie, du marché du travail et des finances publiques pourrait encore modifier la trajectoire des taux.
La prochaine décision, prévue le 21 octobre, sera donc particulièrement observée. Mais le mouvement engagé depuis plusieurs mois constitue déjà un signal encourageant. Pour les ménages comme pour les entreprises, la baisse du coût du crédit peut progressivement libérer du pouvoir d’achat et de nouvelles capacités d’investissement.
Pour les investisseurs, elle marque également le début d’un nouvel environnement financier, dans lequel la diversification et l’allocation du capital retrouveront une importance accrue.
Après plusieurs années de politique monétaire restrictive, Israël semble désormais entrer dans une phase plus favorable à la croissance, avec des taux qui se rapprochent progressivement d’un niveau davantage compatible avec une économie en reprise.